règles et contraceptions : qu’est-ce qui change ?

Lise Famelart
article publié le 02/10/2020 / dernière mise à jour le 16/10/2020

Pilule, stérilet, implant… si ces méthodes de contraception ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients, toutes agissent sur les règles d’une façon différente. Des phénomènes à connaître pour repérer les situations inquiétantes.

Les contraceptions utilisées, influent bien souvent sur nos règles à long terme, mais pas toujours de la même manière. Avec Anne-Sylvie Tardieu, gynécologue, découvrons comment la pilule contraceptive, l’implant et le stérilet en cuivre influent sur nos menstruations.

la pilule contraceptive & les règles

Il existe plusieurs types de pilules contraceptives : certaines nécessitent une pause de sept jours entre deux plaquettes afin de laisser place à des règles factices, qu’on appelle en fait hémorragie de privation hormonale. D’autres sont prises en continu et peuvent supprimer complètement les règles. De fait, les douleurs de règles qui pouvaient survenir avant la pilule, sont diminuées voire supprimées : 

“Normalement vous ne devriez pas avoir de douleurs. Il y a des femmes qui ont de fortes douleurs pendant les règles, la pilule les soulage un peu, mais si ça continue ça peut être intéressant de consulter pour faire le point, voir s’il n’y a pas d’endométriose, s’assurer que la pilule est prise correctement. Et si les douleurs persistent, on peut prendre la pilule en continu pour supprimer la période de règles.”

Comme la pilule nécessite d’être prise tous les jours, certain·e·s décident d’influer sur les règles en enchaînant deux plaquettes pour celles comptant une pause de sept jours. Cependant, Anne-Sylvie Tardieu, gynécologue, met en garde contre le spotting : lorsque l’endomètre devient très fin, ce qui est le cas sous pilule, il peut saigner et provoquer de petites taches de sang intempestives. Vous devez commencer une nouvelle pilule contraceptive ? Généralement, votre gynécologue vous demandera de commencer au premier jour des règles afin de s’assurer qu’il n’y ait pas de grossesse. Il existe également une méthode intitulée “quick start”, qui permet de commencer n’importe quand. Mais elle devra s’assortir, les sept premiers jours, d’une autre contraception, par exemple des préservatifs.

Nous avions déjà rédigé un article complet sur les règles sous pilule.

l’implant et les règles

L’implant est un bâtonnet qu’on introduit sous la peau, et qui diffuse des hormones dans le corps durant trois ans. Ses effets sur les règles peuvent beaucoup varier d’une personne menstruée à l’autre.

“On a trois types de profils de saignement : on continue d’avoir ses règles, c’est normal. Chez certaines femmes il n’y aura plus de règles, c’est ok aussi. Certaines femmes vont avoir leurs règles n’importe quand ou en continu, là on retire l’implant. Quand on pose un implant il faut se donner deux ou trois mois pour voir ce que ça donne. On peut changer de type de saignement avec le même implant, ou d’un implant à l’autre.”

Comme la pilule, il se pose généralement au premier jour des règles, ou n’importe quand avec la méthode “quick start”. Des règles plus longues ou plus abondantes sont possibles avec ce type de contraception. Cela ne signale pas forcément un problème, mais peut devenir gênant à la longue : des règles trop abondantes peuvent créer une anémie et de la fatigue. Si cela persiste, il ne faut pas hésiter à retourner voir son ou sa gynécologue, qui proposera peut-être un retrait de l’implant ou une autre méthode de contraception. N’hésitez pas non plus à utiliser une culotte menstruelle durant vos cycles ou une autre protection périodique.

Sous implant, l’appareil reproducteur est au repos. Les douleurs de règles ont donc tendance à diminuer voire disparaître. Si elles subsistent ou s’intensifient, là encore, le mieux est de consulter pour s’assurer que tout va bien. Il arrive également que les règles soient marron : il n’y alors pas lieu de s’inquiéter. Il s’agit tout simplement de sang oxydé, un phénomène qu’on retrouve assez souvent en début et en fin de règles.

le stérilet (DIU) et les règles

Il existe deux types de stérilets : celui en cuivre, et le stérilet hormonal.

Le stérilet en cuivre est une solution intéressante si vous souhaitez arrêter de prendre des hormones. Ce dispositif a un double fonctionnement. Il agit à la fois par inflammation sur l’endomètre pour empêcher la fixation de l’oeuf dans l’utérus mais a aussi un effet cytotoxique sur les spermatozoïdes ce qui empêchera la fécondation.

Toutefois, le stérilet au cuivre est déconseillé si vos règles sont de base abondantes et douloureuses, puisqu’il a tendance à aggraver ces effets. Avec le DIU au cuivre, les règles apparaitront donc de façon classique en l’absence de grossesse. C’est d’ailleurs le bon moment pour le poser.

“Le stérilet se pose toujours pendant la période de règles : on passe par les voies naturelles et on va franchir le col de l’utérus. Pour passer un dispositif intra utérin il faut que le col soit plus ouvert, et c’est le cas pendant les règles. On peut aussi le poser comme contraception d’urgence. Au moment du rapport, la fécondation va avoir lieu au niveau des trompes de l’utérus, puis l’oeuf va se déplacer et se fixer dans l’utérus, ce qui met plusieurs jours. C’est donc dans les cinq premiers jours après le rapport sexuel non protégé qu’on peut intervenir avec le stérilet.”

Comme le stérilet en cuivre ne diffuse aucune hormone, il ne supprime pas les règles. Si elles ne surviennent pas, mieux vaut faire un test de grossesse. Anne-Sylvie Tardieu fait remarquer que le stérilet en cuivre protège mieux des grossesses intra-utérines qu’extra-utérines. Faire un test pour s’assurer de l’absence de grossesse reste donc un bon réflexe. De même, des saignements en-dehors des périodes de règles nécessitent une consultation, pour s’assurer qu’il n’y a pas d’infection par exemple.

Le stérilet en cuivre ne régule pas les règles, puisque son action est locale. De plus, les douleurs peuvent être plus fortes puisque l‘utérus va se contracter sur ce corps étranger. En cas de douleurs et de règles abondantes, Anne-Sylvie Tardieu recommande plutôt le stérilet à base d’hormones, qui n’agit pas par inflammation. Il peut aider les femmes qui ont tendance à avoir des fibromes, et aussi calmer l’endométriose. En revanche si on souhaite arrêter de prendre des hormones, le stérilet en cuivre reste une option intéressante.

Lise Famelart
Rédactrice
Journaliste depuis quatre ans, Lise multiplie les sujets : témoignages, high-tech, littérature, santé… yogi dans l’âme, curieuse de tout, elle aime particulièrement poser des questions. Les témoignages et les interviews sont son dada.