Quel est le coût réel des protections périodiques ?

04.09.2019    Catégories : Les règles et la santé

Se protéger pendant ses règles représente un poste de dépense important dans la vie d’une femme, à tel point qu’on parle de “précarité menstruelle” pour celles qui ne peuvent se le permettre. Au-delà du prix, quel est l’impact réel des protections périodiques sur les femmes et sur la planète ?

Impact financier, psychologique et écologique état des lieux du véritable coût des règles :

Un peu de maths au préalable pour cerner l’ampleur de ce coût :

En moyenne les premières règles apparaissent entre 11 et 14 ans jusqu’à la ménopause qui survient entre 45 et 55 ans soit 39 ans dans la vie d’une femme. Avec un cycle qui se répète tous les 28 jours environ, les règles surviennent en moyenne 500 fois dans une vie. Le calcul est simple : nombre d’années de règles x budget moyen annuel = budget estimé des protections hygiéniques. Un coût important estimé à environ 18 500 livres sterling soit 23 000 euros au taux de change de l’année de cette étude britannique (2015). La BBC a mis en ligne un compteur qui permet d’estimer le coût des dépenses effectuées en protections hygiéniques.

Quelles sont les solutions les plus économiques ?

Si vous avez lu notre article sur le sujet, vous devez savoir que l’utilisation de protections réutilisables est plus économique que celle de tampons périodiques ou de serviettes hygiéniques jetables. La coupe menstruelle implique un coût plus important à l’achat mais sera rapidement rentabilisée au bout de quelques cycles. Des solutions moins onéreuses existent. Encore faut-il avoir accès à des espaces sanitaires adaptés pour pouvoir se laver les mains et désinfecter les protections...

Se protéger pendant ses règles : un droit fondamental ?

Du latin protegere, de pro, et tegere, couvrir, se protéger pendant ses règles est un besoin. Les femmes en situation de précarité ou sans-abri ne pouvant pas s’offrir de protections hygiéniques doivent parfois renoncer à d’autres besoins fondamentaux comme manger ou s’habiller pour se protéger durant leurs règles. Leur situation soulève la question des protections hygiéniques remboursées par la sécurité sociale. Selon l’infographie de l’association Dons Solidaires réalisée en février dernier, 1,7M de femmes en France manquent de protections hygiéniques. Des conséquences réelles pour des femmes qui ne peuvent se rendre à leur travail ou mener leur scolarité faute de protection.

Le coût des protections hygiéniques : un impact physiologique et psychologique ?

Ne pas avoir accès à ces produits de première nécessité peut avoir des conséquences lourdes à la fois sur la santé (manque d’hygiène, démangeaisons, infections et plus grave : septicémie ou choc toxique), mais aussi sur l’état psychologique. En effet, ne pas donner accès à une protection adaptée c’est affecter la dignité même de la personne. Comment mener une vie normale : sortir dans la rue, se rendre au travail ou en classe en saignant sans protection ? De nombreuses associations réclament que les protections soient accessibles gratuitement ou remboursées par la sécurité sociale. À date aucune action majeure n’a été engagée par le gouvernement qui a annoncé une prise en compte de ce sujet à horizon 2020. Heureusement des initiatives locales ou régionales existent comme l’Université de Lille qui a distribué gratuitement des protections périodiques en janvier dernier. Sur le sujet, l’Écosse fait figure d’exemple : en 2018 le gouvernement écossais a institué la gratuité des protections hygiéniques pour les élèves et étudiantes du pays.

Au-delà de l’humain quel est l’impact écologique des protections hygiéniques ?

Toute production humaine a un coût : monétaire, humain et environnemental. Quel est l’impact des cycles menstruels des femmes sur la planète ? Selon cet article : “une femme jette en moyenne à la poubelle, et dans sa vie, entre 100 et 150 kg de serviettes, tampons et applicateurs”. Si ce nombre semble impressionnant, il est à relativiser à l’aune de l’ensemble des déchets jetés. Selon l’ADEME*, en France, un habitant jette environ 360 kg de déchets par an ! Quelles solutions existent pour limiter l’impact de sa consommation de protections périodiques ? Choisir des versions plus écologiques des produits utilisés : des serviettes sans emballage individuel ou du coton bio. Les tampons avec applicateurs créent moins de déchets (58 % de moins selon l’entreprise O. B) et il existe aujourd’hui des applicateurs réutilisables et universels pour les tampons. Pour un engagement écologique plus important il convient d’utiliser les serviettes lavables et réutilisables. La solution la plus respectueuse de l’environnement restant la cup menstruelle qui existe en caoutchouc naturel ou en silicone.

En conclusion de nombreuses solutions existent pour alléger le coût réel des règles sur la vie des femmes ou sur notre planète, mais certaines actions ne peuvent être menées qu’à grande échelle et avec l’aide des pouvoirs publics.

*Agence de l’Environnement et la Maîtrise de l’Énergie

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