Cycle menstruel: pourquoi il faut en parler dès les premières règles

20.09.2017    Catégories : Dans Ma Culotte rencontre ...

Cycle menstruel, ce mot est connu des femmes, mais sa signification l'est moins. Hélène Jacquemin Le Vern nous répond dans son ouvrage "Le sang des femmes en finir avec les tabous". Elle nous explique ici pourquoi la discussion doit continuer de s'ouvrir. 

Cycle menstruel, Le sang des femmes

Pour qui avez-vous écrit cet ouvrage dédié aux règles du cycle menstruel ? Les ados, les femmes, les hommes ?

Ce livre est en premier dédié aux femmes adultes et adolescentes. Dans ma consultation de gynécologie j’ai pu me rendre compte de la méconnaissance des femmes en ce qui concerne leur corps, du point de vue anatomique et physiologique et du cycle menstruel. Et pourtant toutes les femmes ont des menstruations, et chacune dans son intimité se pose des questions sans oser en parler. Ce livre devrait aussi être lu par les hommes, pour qu’ils comprennent mieux ce qui se passe pour leur compagne 4 à 5 jours par mois. Ce sont les hommes qui ont édicté les traditions que les femmes subissent. Si les hommes sont mieux informés, ils seront plus proches des femmes.

Comment avez-vous eu l’idée d’écrire ce livre ? Pourquoi parler du cycle menstruel au travers d’un livre et pas par le biais d’articles ou de conférences ?

L’idée d’écrire ce livre m’est venue parce qu’il y a un tabou des règles, il y a très peu d’ouvrages sur ce sujet ( La 1ère édition du livre date de 2002). Hors pour chacune de mes patientes c’est un sujet central : régularité, abondance, présence, absence, bref les règles sont un élément fondamental de la vie d’une femme. Ayant participé à un groupe de réflexion avec deux psychanalystes et deux autres gynécologues, j’ai pensé utile de partager les données que nous avions compilées. Depuis la sortie du livre il y a eu beaucoup d’articles, et j’ai aussi donné des conférences, mais le public n’est pas le même : un livre on peut l’acheter facilement où que l’on habite, on peut le partager avec son conjoint, ses adolescentes.

De nombreux ouvrages et des articles sur les règles ont été publiés récemment, avez-vous le sentiment que le sujet des règles a tendance à se « détabouiser » ?

Je me réjouis que la parole se libère enfin. Les femmes osent parler plus facilement de leurs règles, elles ne veulent plus être sous le dictat des lois faites par les hommes et qu’elles subissent. Oui une partie du tabou des règles est en train de tomber, tant mieux. La contraception et les nouveaux modes de protection périodique ont favorisé cette libération.

Parler du cycle menstruel en bd, par Clotilde Deschamps

Comment expliquez-vous que les protections réutilisables, en particulier les coupes menstruelles, soient devenues en si peu de temps plus populaires que les protections jetables ?

Les femmes sont  préoccupées par les questions d’écologie, d’avenir de la planète, des déchets qu’il faut recycler. Il est donc logique que les coupes menstruelles soient devenues populaires. L’aspect financier est à prendre en compte, la coupe menstruelle étant bien plus économique. Le fait de parler plus librement du corps, des règles permet à nombre femmes (mais pas toutes) de ne plus appréhender de se toucher, de faire pénétrer deux doigts dans le vagin pour installer et retirer la coupe. Aucun moyen de protection n’est parfait, et chaque femme doit trouver pour elle et en fonction des périodes de sa vie les protections qui lui sont adaptées. Plus il y a d’offre plus c’est facile.

Quelle est votre vision de la gynécologie en France aujourd’hui ? Quels sont selon vous les points sur lesquels on doit progresser ?

Merci de poser cette question qui mériterait plusieurs pages de réponse. Les gynécologues médicaux sont en voie de disparition, très peu sont formés et ceux qui choisissent cette voie désirent pour la plupart rester en milieu hospitalier. Les obstétriciens prennent en charge les grossesses, ils sont débordés et le suivi de la contraception est maintenant fait par des généralistes et des sages-femmes, dommage que les femmes n’aient plus leur spécialiste pour une prise en charge globale de la puberté à la ménopause. On ne peut que déplorer l’augmentation des fermetures des centres de planification qui recevaient gratuitement les mineurs, ce qui facilitait l’accès à l’information, à la prévention des maladies sexuellement transmissibles, à la contraception.
Actuellement il y a beaucoup d’articles sur les relations difficiles entre gynécologues et patientes, je pense que le problème vient d’un manque de communication entre les deux protagonistes, les médecins n’étant pas formés au dialogue, à l’écoute, à la relation d’égale à égale. Les médecins ont parfois une attitude paternaliste dépassée, les femmes ont une autre attente, mais de là à parler de violences faites aux femmes lors des consultations, il y a une marge.



Découvrez l'ouvrage d'Hélène Jacquemin Le Vern Le sang des femmes en finir avec les tabous.

Retrouvez la bande dessinée de Clotilde Deschamps sur le tabou des règles sur notre blog.

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