vie de règles #14 — mon endométriose, mon papilloma… et moi !

Anouk Perry
article publié le 14/04/2021 / dernière mise à jour le 21/04/2021

Après des années à chercher à traiter ses douleurs de règles, Madison découvre en parallèle qu’elle est infectée au HPV/papillomavirus. Commence alors un long parcours médical pour traiter cette IST…

le CV des règles de Madison

Prénom

Madison

Âge

24 ans

Âge des premières règles

12 ans

Durée des cycles

28 jours

Durée des règles

4 à 5 jours

Slogan pour désigner ses règles

Sans règles, on vit mieux

des premières règles rythmées par des visites chez le gynéco

Je n’ai jamais eu de problème à assumer mes règles. Au contraire, au début, j’étais fière de les avoir. Malheureusement, j’ai rapidement déchanté car j’avais tous les mois très mal.

Mon entourage me répétait que certaines femmes ont plus de douleurs que d’autres et que c’est comme ça, mais ma mère s’en est inquiétée et m’a emmenée voir un gynécologue. Sans poser de réel diagnostic, il m’a immédiatement mise sous pilule pour calmer ces maux.

À partir de ce moment-là, j’ai eu un suivi gynécologique très régulier : on me faisait tester une pilule, puis une autre, pendant des années jusqu’à en trouver une (la neuvième !) qui me convienne.

Et au milieu de ces nombreux rendez-vous pour parler de ce contraceptif, une autre raison m’a poussée à consulter régulièrement mon gynéco. 

une rupture et la découverte du HPV / papillomavirus

À 19 ans, alors en couple avec un garçon, j’ai découvert que mon copain était sans doute infecté par le HPV, à cause d’une précédente relation elle-même touchée.

Le HPV, c’est quoi ?

Comme expliqué dans notre article sur le sujet, le HPV, ou papillomavirus, est une IST à l’origine de condylomes, des petites verrues, qui peuvent par la suite se transformer selon leur localisation en cancer du col de l’utérus, ou, entre autres, en cancer de la bouche.

Heureusement, dans 90% des cas, l’organisme élimine le virus de lui-même en moins de deux ans…


Le dépistage du papillomavirus se fait par frottis. Comme j’étais très jeune, je n’en avais jamais fait jusque là. Je suis directement allée voir mon gynécologue, et le résultat est tombé deux semaines plus tard.

J’étais positive au HPV. Heureusement, pour l’instant mon infection ne semblait pas grave.

Fait étonnant : j’avais pourtant été vaccinée contre le papillomavirus quand j’avais 15 ans, mais ce vaccin ne protège pas de toutes les formes existantes ce qui explique que j’ai contracté cette infection. 

mon long suivi gynécologique pour traiter mon papillomavirus 

En parallèle de cette découverte, mon gynécologue a fini par poser un diagnostic sur mes terribles douleurs de règles : j’ai de l’endométriose. J’ai donc commencé à voir des spécialistes de cette maladie en parallèle de mon suivi pour le HPV.

Je voyais donc régulièrement deux gynécos différents.

Je n’étais pour autant pas satisfaite de celui que je consultais pour le papillomavirus, j’avais l’impression qu’il balayait le sujet sans chercher à m’expliquer ce qu’il se passait.

Je l’ai revu pour deux frottis supplémentaires, à six mois d’intervalle chacun, et à chaque fois, il me répétait toujours que je ne devais pas m’inquiéter, que ça allait partir tout seul. Pourtant, les résultats ne bougeaient pas : j’étais toujours infectée au HPV.

Cette sensation de me faire balader m’a poussée à faire des recherches sur Internet, et là j’ai découvert que le papillomavirus pouvait se développer en cancer. Ça n’arrive que dans certains cas, mais ce n’est pas anodin.

J’ai alors décidé de changer de praticien, et je ne l’ai pas regretté.

traiter les lésions du papillomavirus : la conisation

Après un examen, le nouveau gynécologue que j’ai consulté m’a immédiatement dit qu’il soupçonnait des petites lésions précancéreuses. On m’a fait une biopsie révélant qu’elles étaient à un stade plus avancé que ce qu’il imaginait.

Il fallait donc agir vite, et on m’a donc proposé une conisation. C’est une chirurgie qui consiste à  couper la partie du col de l’utérus où se trouve la ou les lésions. C’est une petite intervention qui peut se faire en anesthésie locale, mais moi on me l’a faite en anesthésie générale.

Normalement, le corps se remet vite et bien de cette opération, mais avec mon endométriose qui rend compliqué une bonne cicatrisation dans cette partie du corps, ça s’est assez mal passé.

J’ai saigné abondamment pendant 23 jours, je suis retournée une dizaine de fois à l’hôpital, et j’ai dû prendre du fer afin de ne pas tomber en anémie.

Niveau douleurs, ça s’est mieux passé. Je n’en ai eu que pendant 4 ou 5 jours, et comme je suis habituée à de très fortes douleurs de règles, j’ai trouvé ça très supportable.  

ma vie gynécologique stabilisée

J’ai un temps été en colère contre mon ex qui m’a transmis le HPV, parce que lui était persuadé qu’il n’était pas infecté alors que si, mais c’est passé.

L’opération date du mois dernier. Je dois encore faire un frottis en août afin de vérifier si elle a suffit à mettre fin à mon infection ou pas. On m’a aussi vaccinée de nouveau contre le papillomavirus.

Quant à mes douleurs de règles, je n’en ai plus depuis deux ans. Je prends une pilule en continue que je supporte bien, et ça me va comme ça.

Maintenant, il ne me reste qu’à croiser les doigts pour en avoir fini une fois pour toutes avec le HPV !

Anouk Perry
Anouk Perry
Rédactrice
À la fois journaliste web et réalisatrice de podcasts, Anouk Perry cumule les casquettes toujours dans un même but : démystifier l'intime ! Sa devise ? Il n'y a pas de question stupide. Sujets de prédilection : intimité et sexualité.