La précarité menstruelle : le rôle des universités

16.09.2019    Catégories : Les règles et la santé

Le rôle des Universités dans la lutte contre la précarité menstruelle : l’exemple de Rennes

Distribution gratuite de protections hygiéniques à l'Université de Rennes pour lutter contre la précarité menstruelle

Portée en tant que proposition phare par un syndicat étudiant, la gratuité des protections hygiéniques sur le campus a été élue à la majorité des voix aux dernières élections. S’en sont suivies des négociations et des recherches de prestataires pour concrétiser la demande. Fabien Caillé, Vice Président des étudiants de L'Université Rennes 2 et lui-même étudiant en histoire, nous raconte comment ce projet est né.

Qui est à l’initiative du projet ?

“Il faut savoir que c'est un projet entièrement monté par les étudiants,” précise Fabien. Un projet né des étudiants et de la démocratie. “Les étudiants voulaient véritablement s'engager dans l'installation massive de distributeurs dans les sanitaires. Le projet est arrivé en tête du vote du budget participatif avec 4397 voix, soit plus de 50 % des participants”.

Qui a financé la gratuité des protections hygiéniques à l'Université de Rennes ?

Le budget total s'élève à presque 50 000 €. Cette somme est issue de trois sources de financement provenant toutes des étudiants (budget participatif, contribution à la vie étudiante et fond de solidarité et développement). Une belle action redistributive soutenue par des partenariats. Dans Ma Culotte est d’ailleurs fière d’y avoir contribué à hauteur de 800 serviettes lavables.

Comment la distribution s’est-elle mise en place ?

Le budget participatif et le vote en avril dernier avait déjà mis le sujet au centre des débats et l’implication des associations étudiantes a fait le reste : réseaux sociaux, couverture médiatique… Dès le premier jour, la distribution de protections hygiéniques gratuites a rencontré un grand succès.

Pourquoi la lutte contre la précarité menstruelle est-elle une priorité ?

“La priorité, c’est à la fois de lutter contre la précarité étudiante, de rendre l'université plus conviviale, plus sociale, plus solidaire, plus écologique et plus démocratique. C'est ça qui guide mon action tout au long de l'année. Ça se traduit par des projets plus concrets : la mise en place d'un budget participatif étudiant qu'on mène déjà depuis 2 ans ou la distribution de protections périodiques gratuites depuis cette année.”

Au-delà du droit fondamental à la protection et à la dignité, les règles touchent finalement à tous les sujets comme l’écologie ou l’égalité homme/femme. Faire cette distribution gratuite c’est aussi lever le tabou des règles et distiller un peu d’égalité dans un état de fait biologique qui est de base inégal. Et apparemment, cela fonctionne puisque la distribution a généré beaucoup de questions et de conversations. “C’est une action qui permet à la fois de se situer au carrefour de considérations très différentes : des questions de santé, de précarité, d'économie, d’écologie, etc. Et visiblement, ça fait beaucoup de sens pour tous les étudiants” confirme Fabien.

Un succès uniquement féminin ?

Les retours sont positifs et pas uniquement auprès des femmes. Fabien en atteste : “Il y a eu un énorme engouement où tout le monde s’est senti concerné, y-compris les étudiants venant chercher des protections pour leur copine. Tout le monde nous demande s'il va y avoir d'autres distributions dans l'année”. Une preuve de plus que les règles ne sont pas seulement une affaire de femmes mais que les hommes peuvent aussi se sentir impliqués.

Certains se sont tout de même étonnés que ce soit un homme qui soit à l’initiative du projet. Pour ces derniers, Fabien a la réponse parfaite : “On ne sensibilise pas assez les hommes, tout simplement parce que personne ne se posait la question auparavant. Aujourd'hui, je pense qu’avec les combats féministes qui animent la société, tout le monde prend conscience de la précarité menstruelle. Nous ne sommes pas non plus des chevaliers blancs qui arrivons avec une opération sortie de nulle part. Nous nous inscrivons dans un mouvement global qui, je l'espère, va continuer à progresser dans les universités, mais aussi demain dans les collèges-lycées et pourquoi pas dans les entreprises.”

Et pour toutes les universités qui aimeraient mener des actions similaires, quels sont les conseils ?

  • Prendre exemple sur ce qui a déjà été fait. Pour la distribution de Rennes, Fabien s’était fait conseiller par l'université de Lille. En janvier dernier, l’Université de Lille a distribué gratuitement des protections périodiques aux étudiantes. Serviettes, tampons, coupes menstruelles : environ 30 000 kits ont été offerts.
  • Bien enquêter en amont pour obtenir des produits qui répondent aux attentes en termes de respect du corps et de l’environnement.
  • S'adresser à des prestataires de qualité, des entreprises françaises qui travaillent avec des produits sains et une démarche éthique.

Aujourd'hui, sur les 7 universités françaises qui ont des budgets participatifs, 3 d'entre elles ont un projet de distributeur gratuit de protections hygiéniques pour les femmes. Un projet plébiscité par les étudiants et étudiantes. Espérons que d’autres leurs emboîteront le pas.

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