no-bra : trois femmes nous expliquent pourquoi elles ont arrêté le soutien-gorge

Lise Famelart
article publié le 10/06/2021

Tétons qui pointent, poitrine qui ballotte, manque de maintien… arrêter le soutien-gorge, vous y pensez mais vous vous posez des questions ? Justine, Ipomée٭ et Hélène ont fait ce choix depuis plusieurs années, et racontent leur expérience.

Connaissez-vous le no-bra ? Ces deux petits mots signifient “sans soutien-gorge”, et désignent ce qui est pour certaines une tendance, pour d’autres carrément un mode de vie. Dès l’adolescence, beaucoup de filles ont droit au rituel de l’achat du premier soutien-gorge, comme si celui-ci était indispensable. Mais à travers le monde, de plus en plus de femmes prônent la poitrine libre. On a posé des questions à trois convaincues du no-bra.

pourquoi passer au no-bra ?

Mieux respirer, faire des économies, trouver du confort… Il y a plein de bonnes raisons d’arrêter de porter des soutien-gorges. Pour Justine, 29 ans, la raison était plutôt… esthétique !

“Ça m’ennuyait de tout le temps devoir coordonner les couleurs et les matières avec mes t-shirts, c’était souvent peine perdue en plus, comme j’avais tendance à n’acheter que des soutifs très bariolés et colorés. Alors progressivement j’ai arrêté d’en mettre.”

Ce sous-vêtement est souvent plutôt coûteux, surtout si on veut privilégier la qualité. Certaines femmes ont le tour de poitrine qui peut beaucoup varier, et nécessitent en plus des modèles de différentes tailles pour être toujours à l’aise. Ipomée a eu cette idée alors que sa poitrine était en pleine évolution.

“Il y avait pas mal de réflexions sur le fait que ça ne servait à rien alors j’ai essayé. Et comme mes seins ont énormément grossi après je ne rentrais plus dans les anciens, je ne me voyais pas dépenser de l’argent dans un accessoire qui ne me servait plus.”

L’idée ne lui est pas venue toute seule : c’est sur des forums qu’elle a entendu parler du no-bra, qu’on appelle aussi braless. Et cette résolution n’est pas réservée aux petites poitrines : elle indique osciller entre le D et le E. Après sept ans sans soutien-gorge, elle est très satisfaite du maintien de sa poitrine et ne compte pas y revenir.

quels sont les avantages du no-bra ?

Toutes trois pointent plusieurs avantages à ce choix. Hélène, 40 ans, souffrait à l’endroit où le soutien-gorge lui compressait le dos. Un problème qui a logiquement disparu lors de son passage au no-bra.

“Le port du soutien-gorge m’occasionnait des douleurs type barre dans le dos. J’ai une scoliose et c’est peut-être lié. Toujours est-il que le fait de ne plus en porter m’a beaucoup soulagée.”

Qui n’a jamais eu envie d’enlever son soutien-gorge lorsqu’il est mal ajusté, après une longue journée de travail ? C’était le cas de Justine, qui se réjouit aujourd’hui de ne plus ressentir les frottements liés à ce sous-vêtement.

“Je n’ai plus de marques rouges moches quand je finis la journée, et du coup plus de rituel de fin de journée où j’enlève mon soutif !”

Si toutes se réjouissent des effets à court terme de cette décision, Justine remarque aussi des effets à long terme. Elle a constaté que ses seins ballottaient de moins en moins, et les sensations de gêne en courant par exemple, ont réduit avec le temps jusqu’à disparaître.

quels sont les inconvénients ?

Hé oui parce que de la gêne, il peut y en avoir ! Si Justine et Hélène ne portent plus du tout de soutien-gorge, Ipomée, qui a une poitrine plus grosse, met des brassières pour le sport et l’escalade. Un vêtement souvent plus commode que le soutien-gorge, puisqu’il comporte moins d’armatures susceptibles d’appuyer sur certaines parties du corps.

Le regard des autres peut aussi être un problème. Sans soutien-gorge, la forme des tétons peut se dessiner sous les vêtements. Pour nos trois témoins, c’est quelque chose qu’on apprend à assumer avec le temps. Mais ce n’est pas toujours facile, comme l’explique Hélène.

“J’ai toujours du mal à assumer mes tétons ! Je suis toujours un peu gênée quand ils pointent. Je n’adapte pas spécialement mes tenues, mais je croise les bras comme une ado à certains moments…”

Bien sûr, le fait que le téton se dessine sous le vêtement n’a rien de honteux. Mais dans une société où les femmes apprennent très vite à porter des soutien-gorges, qui les cachent forcément, le choix peut parfois être difficile à assumer. En tout cas Justine, Ipomée et Hélène sont formelles : elles ne reviendront pas au soutien-gorge, et sont très satisfaites de leur choix.

٭Ce nom a été changé.

Lise Famelart
Lise Famelart
Rédactrice
Journaliste depuis quatre ans, Lise multiplie les sujets : témoignages, high-tech, littérature, santé… yogi dans l’âme, curieuse de tout, elle aime particulièrement poser des questions. Les témoignages et les interviews sont son dada.