les pertes jaunes, ça vient d’où ?

Pauline Allione
article publié le 11/04/2021

De la puberté à la ménopause, le vagin produit des sécrétions qui viennent s’échouer au fond de la culotte. Elles peuvent être blanches, marrons, jaunâtres, crémeuses, grumeleuses, visqueuses… Sans autre symptôme, ce phénomène physiologique est surtout le signe que tout roule, au niveau vaginal.

pourquoi des sécrétions vaginales ?

Il existe trois sortes de pertes vaginales. Il y a d’abord la glaire cervicale, produite par les glandes de l’endomètre, au niveau du col de l’utérus. Plus ou moins visqueuse selon la période du cycle, cette substance protège l’utérus, mais sert aussi à faciliter le passage des spermatozoïdes durant l’ovulation.

La muqueuse vaginale produit le microbiote vaginal, un écosystème naturel et complexe qui protège la paroi du vagin et limite les infections… tout en émettant des sécrétions liquides

Le niveau d’excitation sexuelle stimule les glandes vestibulaires, situées à l’entrée du vagin, qui fabriquent alors de la cyprine, une sécrétion lubrifiante qui facilite la pénétration en cas de rapport sexuel.

Globalement, les pertes sont donc la preuve que tout fonctionne bien, et que le vagin travaille à l’équilibre de la flore vaginale.

que veulent dire les pertes jaunes ?

Selon le moment du cycle menstruel, la nature des sécrétions vaginales évolue. Les pertes jaunes peuvent ainsi survenir avant ou après les règles, à la ménopause, pendant une grossesse, ou en cas d’infection. Cependant, pas d’inquiétude : la couleur naturelle des pertes reste le blanc crème ou le jaune pâle.

Avant le début des règles comme pendant la grossesse, les pertes jaunes témoignent d’évolutions hormonales. En fin de cycle menstruel, la glaire cervicale s’épaissit pour bloquer le passage des spermatozoïdes et protéger l’utérus, ce qui peut donner des pertes plus abondantes, crémeuses et jaunâtres. Pendant la grossesse, c’est la forte présence des hormones oestrogènes ou un flux sanguin accru dans la zone pelvienne qui peuvent favoriser ce phénomène.

Les sécrétions vaginales se raréfient après la ménopause mais il est toujours possible de trouver des pertes jaunes au fond de sa culotte. Elles peuvent être le symptôme d’une infection, d’une irritation ou d’une inflammation, puisque le vagin, plus sec, est alors plus vulnérable. Cela peut aussi être favorisé par une vaginite atrophique liée à la ménopause, c’est-à-dire une atrophie des tissus de surface, qui cause une sécheresse modérée à sévère.

quand est-il nécessaire de consulter ?

Qu’elles soient légèrement odorantes ou abondantes, les pertes jaunes ne sont pas le signe d’une pathologie ou d’une infection. Si elles sont vraiment jaunes ou tirent sur le vert, qu’elles sont mousseuses ou fortement odorantes, il y a de plus grandes chances qu’un problème gynécologique en soit la cause. Si cela vous inquiète ou que les pertes vaginales sont associées à d’autres symptômes tels que des brûlures, de la fièvre, des douleurs ou des démangeaisons, mieux vaut consulter un·e médecin généraliste ou un·e gynécologue.

de quelles pathologies sont-elles le symptôme ?

Les pertes jaunes peuvent être le signe d’un dérèglement de la flore vaginale, d’une infection bactérienne ou d’une IST. Parmi les pathologies possibles : une mycose vaginale, une vaginose, un herpès génital, une gonorrhée, une chlamydia, une cervicite, des condylomes génitaux… 

Le traitement dépendra des symptômes et du diagnostic. Selon la pathologie, le·la médecin pourra prescrire un traitement local sous forme d’ovule ou de crème, ou des antibiotiques. Au niveau préventif, le préservatif reste le seul moyen d’éviter les IST.

FAQ : tout savoir sur les pertes jaunes

mes pertes jaunes sont odorantes, dois-je consulter ?

j’ai un retard de règles et des pertes jaunes, suis-je enceinte ?

des pertes jaunes signalent-elles la période d’ovulation ?

les pertes jaunes sont-elles gênantes pendant les rapports sexuels ?

Pauline Allione
Pauline Allione
Rédactrice
Journaliste freelance, Pauline aime écrire sur ce qui touche à la société, le féminisme, l’intimité et l’art.