où trouver des protections périodiques gratuites ?

Lise Famelart
article publié le 09/01/2021 / dernière mise à jour le 12/03/2021

Les protections périodiques constituent une dépense non négligeable : jetables, il faut en acheter tous les mois. Réutilisables, elles représentent parfois un gros investissement à l’achat. Face à la précarité menstruelle, différentes associations et organismes proposent des solutions.

Ne pas pouvoir se payer de protections périodiques durant les règles est un problème qui touche de nombreuses personnes menstruées. On appelle cela la précarité menstruelle, et si le phénomène est très présent dans les pays pauvres, il concerne aussi beaucoup de personnes en France.

une question d’argent, mais aussi de tabou

En France, la précarité menstruelle concerne 1,5 millions de femmes, selon Le Monde. Il s’agit de femmes sans-abris mais aussi de personnes précaires dont ces dépenses représentent une grosse part du revenu, ou encore d’étudiant·e·s, de lycéenn·e·s et collégien·ne·s, qui ne touchent pas de salaire. Pour ces dernièr·e·s, le tabou joue malheureusement un rôle dans la difficulté d’accès aux protections menstruelles. L’association Règles Élémentaires lutte contre la précarité menstruelle et à ce titre, intervient dans les collèges et lycées sur le sujet des règles. Pour sa fondatrice et directrice générale Tara Heuzé-Sarmini, c’est un point essentiel :

“Le tabou des règles fait que de nombreuses femmes et jeunes filles n’osent pas parler de ce sujet, n’osent pas demander de protections, cela les pousse encore plus à se débrouiller avec le système D.”

Toujours selon Le Monde, les règles coûteraient environ “3800 euros à une femme au cours de sa vie”, sans compter les visites chez le ou la gynécologue et les éventuels vêtements tachés à remplacer. “Chez certaines femmes, ces dépenses représentent 5% de leur budget mensuel”, ce qui n’est clairement pas négligeable.

à qui s’adresser ?

En France, plusieurs initiatives ont été lancées pour venir en aide aux personnes menstruées qui n’ont pas les moyens de s’acheter des protections périodiques. Dans les universités par exemple, certaines associations organisent des distributions. Dans Ma Culotte s’y associe d’ailleurs régulièrement, comme l’explique Noëlle, cofondatrice.

“Dès septembre 2019 nous avons été sollicité·e·s par des associations étudiantes qui cherchaient des fournisseurs. Ils voulaient acheter des protections lavables saines et responsables pour réaliser des distributions sur les campus, et c’est comme ça qu’on a travaillé avec les universités.”

Dans ce cadre, plus de vingt mille protections lavables ont été distribuées. Dans Ma Culotte collabore avec une vingtaine d’organismes au sein de différentes universités.

“Cela fait partie de nos objectifs d’entreprise, on considère qu’avoir des protections c’est un droit fondamental, et cela ne doit pas être une option. On souhaite aller encore plus loin dans notre démarche en menant cette action tout au long de l’année auprès des institutions et des associations.”

Mais ce type d’initiatives ne concerne pas uniquement les étudiant·e·s. Règles Élémentaires permet à des particuliers d’organiser des collectes de produits d’hygiène intime à destination des personnes femmes qui en ont besoin. Depuis septembre dernier, la gratuité des protections périodiques pour les femmes en situation de précarité est expérimentée en France. Des distributeurs ont ainsi été installés dans plusieurs lycées et collèges, permettant aux élèves d’obtenir de l’aide sans avoir besoin d’en parler, ce qui est parfois difficile. Hors-études, il est possible de s’adresser aux épiceries sociales, aux  accueils de jour, ou encore aux centres d’hébergement. Ce dispositif concerne aussi les établissements pénitentiaires.

à quand la fin de la précarité menstruelle en France ?

Si ces initiatives permettent de venir en aide aux femmes sur le moment, elles ne règlent pas le problème à long terme. L’une des solutions est de distribuer des protections périodiques réutilisables, qui limitent la dépendance aux dons durant la durée de vie des produits. Dans cette optique, Dans ma Culotte fait don à des associations de ses produits présentant des petits défauts de fabrication (comme par exemple un motif mal imprimé). L’objectif étant de venir en aide à plus de 40 000 personnes réglées d’ici 2024.

Mais des avancées peuvent aussi être réalisées au niveau gouvernemental : en 2016, la TVA sur les protections périodiques a été baissée de 20% à 5,5%. C’est un début car en Écosse, ces produits sont gratuits depuis le mois de novembre dernier. Avec l’expérimentation menée en France depuis septembre, peut-être prendrons-nous un jour le même chemin ?

Lise Famelart
Lise Famelart
Rédactrice
Journaliste depuis quatre ans, Lise multiplie les sujets : témoignages, high-tech, littérature, santé… yogi dans l’âme, curieuse de tout, elle aime particulièrement poser des questions. Les témoignages et les interviews sont son dada.