que contiennent exactement les serviettes hygiéniques à usage unique ?

Pauline Allione
article publié le 26/12/2020 / dernière mise à jour le 24/02/2021

Des premières règles à la ménopause, une personne menstruée utiliserait entre 10 000 et 15 000 protections menstruelles au cours de sa vie. Autant dire que la composition de ces produits, et notamment des serviettes, dont le voile est en contact direct avec les muqueuses génitales, a son importance.

la composition des protections menstruelles

Il y a quelques mois, on vous parlait des produits toxiques présents dans les tampons. Mais les protections périodiques externes, c’est-à-dire les serviettes et protège-slips, méritent également toute notre attention. D’après un sondage de l’institut OpinionWay réalisé sur un échantillon de 1 065 femmes en 2017 en France, les protections externes sont largement populaires : 91 % des répondantes ont affirmé en utiliser.

Pourtant, aussi étonnant que cela puisse paraître, connaître la composition des protections hygiéniques n’est pas une mince affaire. Face à une réglementation encore (très) floue, beaucoup de marques se passent de communiquer la liste exacte des composants présents dans leurs produits. Seule obligation : signaler une lotion ou substance parfumante allergène recensée dans le règlement sur les cosmétiques de l’Union Européenne.

En février 2019, le magazine 60 Millions de consommateurs publiait une enquête sur la composition des protections périodiques : seulement la moitié des 15 marques étudiées étaient transparentes quant à la composition de leurs produits. Ainsi, les marques des distributeurs sont la plupart du temps opaques, là où les marques bio révèlent généralement plus facilement leur composition.

quels produits toxiques dans les serviettes hygiéniques jetables ?

Les protections menstruelles externes jetables sont généralement faites de matériaux macromoléculaires que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation et du travail (soit l’Anses, qui publiait un rapport sur le sujet en 2016, avant de le réviser en 2019) a classé en trois catégories. On retrouve ainsi les matériaux cellulosiques, d’origine naturelle et dérivés du bois qui subissent souvent un traitement chimique, les synthétiques de type polyoléfines et le polymère superabsorbant.

Plusieurs études – réalisées par l’Anses, 60 Millions de consommateurs ou encore l’Institut national de la consommation, entre 2016 et 2019 – ont révélé la présence de nombreuses substances chimiques dans les serviettes et protège-slips comme les phtalates, des perturbateurs endocriniens qui peuvent avoir des effets nocifs sur la fertilité ou encore sur le développement du fœtus. Des pesticides interdits en Europe ont également été trouvés dans plusieurs produits, comme le lindane, le quintozène et le hexachlorobenzène.

Sans oublier le glyphosate, dont des traces ont été révélées, dans des produits, y compris des serviettes et protège-slips commercialisés par des marques bio. Pour rappel, le glyphosate est un herbicide très controversé, et classé “cancérogène probable” par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS depuis 2015.

pourquoi ces substances chimiques et quels effets ? 

D’après les fabricants, la présence de ces substances chimiques identifiées dans leurs produits ne serait pas volontaire, “hormis le Lilial® qui est une substance parfumante”. Il s’agirait d’une contamination des matières premières ou des procédés de fabrication.

L’Anses a conclu à une absence de risque sanitaire par voie cutanée, puisque les doses mesurées étaient très faibles. Concernant le syndrome du choc toxique, les protections menstruelles externes ne présentent pas de risque et n’ont jamais été impliquées dans de tels cas de figure, contrairement aux tampons et cups menstruelles.

Cependant, les effets des perturbateurs endocriniens et sensibilisants cutanés, restent encore relativement inconnus.

comment éviter les produits chimiques ?

Des serviettes et protège-slips fabriqués à partir de matériaux issus de l’agriculture bio permettront de minimiser le risque de composants chimiques. D’ailleurs, la certification GOTS (pour Global Organic Textile Standard) vous permet d’y voir plus clair. Lorsque des produits sont ainsi certifiés cela signifie qu’ils sont exempts de pesticides, herbicides et engrais chimiques. Dans Ma Culotte possède par exemple une gamme de serviettes hygiéniques bio certifiées GOTS.

Enfin, et parce que la santé passe aussi par nos choix de consommation, mieux vaut se tourner vers des protections menstruelles transparentes dans leur composition. Cela ne veut pas nécessairement dire que le produit en question sera vierge de toute substance chimique, mais vous pouvez au moins le vérifier.

Pauline Allione
Pauline Allione
Rédactrice
Journaliste freelance, Pauline aime écrire sur ce qui touche à la société, le féminisme, l’intimité et l’art.

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