vie de règles #10 : “comment le confinement a eu un impact (parfois positif) sur mes règles !”

Anouk Perry
article publié le 11/01/2021

Beaucoup de femmes ont eu leur cycle menstruel perturbé pendant les confinements, mais pas toutes de la même manière. Trois d’entre elles témoignent de l’effet que cette période a eu sur leurs règles.

pourquoi le confinement a modifié les règles de nombreuses personnes menstruées ? 

Comme expliqué dans cet article sur le sujet : 

« L’annonce soudaine du confinement, l’inquiétude liée au coronavirus peut générer angoisse et stress qui peut causer un retard voire même l’arrêt des règles. (…) Elles sont régies par le cerveau. L’hypothalamus assure la liaison entre le système nerveux et le système endocrinien, responsable de la production des hormones. Et notre cerveau est influencé par ce qu’il se produit dans notre environnement. »

Stéphanie : le confinement à amélioré mes cycles ! 

Ça faisait des années que j’avais mes règles de manière complètement aléatoires, généralement de grosses pertes sur 2 ou 3 jours après des cycles très longs. J’en avais parlé à mon médecin rapidement et il ne trouvait pas ça très sain sans s’en inquiéter outre mesure.

Perso, ça m’allait bien : j’ai tendance à considérer que mes règles amputent mon porte monnaie et ma liberté de mouvements, je suis mieux sans…

Pendant le confinement je me suis retrouvée en télétravail, et comme j’ai une connexion pourrie chez moi à Paris, j’ai décidé de m’exiler dans la maison de mes parents. 

Là bas, surprise : j’ai retrouvé un cycle d’une durée normale, avec des pertes de sang qui n’étaient plus concentrées sur 2 ou 3 jours, mais beaucoup plus étendues. 

Evidemment, ça n’a pas duré, mes cycles ont de nouveau fait n’importe quoi quand je suis rentrée à Paris à la sortie du confinement… Avant de se régler encore une fois au deuxième confinement, quand je suis retournée chez mes parents.

Quand j’analyse tout ça, je pense que le fait d’avoir moins de pression sociale m’a permis de me relâcher et d’être moins dans une volonté plus ou moins consciente de maîtrise de mon corps. J’étais moins stressée, tout simplement. 

Quand ma vie était plus active, j’avais tellement la sensation que les règles étaient « un truc handicapant » que je me demande si je n’interdisais pas à mon corps de les avoir. 

Camille : depuis le premier confinement, mes règles sont devenues un cauchemar 

J’ai toujours eu des règles assez « normales », c’est-à-dire très régulières et plus ou moins douloureuses selon les périodes, mais vraiment supportables.

À l’arrivée du premier confinement, j’ai commencé à ressentir de l’anxiété. Je suis assez sujette aux crises d’angoisse donc arriver dans une situation inconnue comme celle-là a été assez compliqué au début.

J’ai essayé de me calmer en discutant beaucoup avec ma maman (avec qui j’étais confinée), en faisant pas mal de sport et en m’occupant l’esprit en faisant des activités manuelles. Ça m’a pas mal aidée mais l’angoisse revenait de temps à autre. J’étais aussi stressée par ce virus inconnu. 

Quand mon premier cycle est arrivé durant le confinement, ça a été très dur. J’ai eu des migraines tous les jours pendant une semaine et de très fortes douleurs au ventre. Je n’avais jamais vécu ça, en tout cas jamais à ce point. J’avais si mal que je ne pouvais ni travailler, ni rien en fait. 

Depuis ce premier confinement, ça ne s’est pas arrêté. J’ai les mêmes douleurs difficiles à supporter à chaque cycle : maux de ventre terribles et migraines toute la semaine. 

Je me suis demandée si le fait de beaucoup moins bouger et d’avoir moins de petits plaisirs fait qu’on s’affaiblit physiquement et mentalement et qu’on a moins de capacité à supporter cette période et que du coup le corps se rebelle. Je ne sais pas. 

En attendant, ça continue et je n’ai pas encore trouvé de solution. Je pensais que ça serait ponctuel, mais j’envisage désormais d’aller voir un gynécologue pour en parler.  

Hélène : sous pilule, j’ai cru être tombée enceinte

Je prends la pilule depuis sept ans, ce qui rend mes cycles très réguliers, avec un flux assez faible, pendant 2 à 5 jours. Habituellement, je n’ai donc pas de problème de ce côté-là !  

À l’annonce du premier confinement, j’avais un peu d’inquiétude, mais je me sentais assez sereine. Je ne me suis pas ruée dans les supermarchés, ça allait plutôt bien… Enfin, c’est ce que je pensais. 

En prenant la pilule, les règles arrivent normalement à la fin de la plaquette. Et là : rien. J’ai laissé passer une semaine, me disant qu’elles étaient peut-être décalées. Ne voyant toujours rien arriver, mon copain et moi avons commencé à stresser parce qu’on a cru à une grossesse, ce que nous ne souhaitons pas pour le moment. 

J’ai alors pris la décision d’acheter un test de grossesse. Je me disais que j’allais enfin être fixée mais en même temps j’avais très peur du positif. 

J’avais aussi peur d’avoir un faux négatif… Alors même si le test disait que je n’étais pas enceinte, j’ai attendu mes règles suivantes avec beaucoup d’impatience. Ce n’est que quand je les ai eus de nouveau que je me suis sentie vraiment rassurée… 

Et puis le deuxième confinement est arrivé. Je me sentais beaucoup plus sereine et préparée, l’ayant comme beaucoup de monde vu venir depuis quelques semaines. 

Sauf qu’après l’annonce… Mes règles qui ont suivi ne se sont pas produites non plus. 

La différence est que cette fois-ci, ça ne m’a pas ajouté une angoisse supplémentaire. J’ai directement fait un lien avec ce qui m’était arrivé durant le premier confinement, et j’ai patiemment attendu que mon cycle reprenne, ce qui est arrivé le mois suivant.

Anouk Perry
Anouk Perry
Rédactrice
À la fois journaliste web et réalisatrice de podcasts, Anouk Perry cumule les casquettes toujours dans un même but : démystifier l'intime ! Sa devise ? Il n'y a pas de question stupide. Sujets de prédilection : intimité et sexualité.