règles sous pilule, mode d’emploi

Lise Famelart
article publié le 03/08/2020 / dernière mise à jour le 13/08/2020

La pilule contraceptive modifie le cycle hormonal… et donc aussi les règles. Anne-Sylvie Tardieu, gynécologue, nous aide à faire la lumière sur les questions les plus fréquemment posées à propos des règles sous pilule.

Beaucoup de pilules contraceptives sont pensées pour être prises durant trois semaines, puis arrêtées pendant une semaine afin de laisser la place à une période de règles. Mais les règles sous pilule ne sont pas la conséquence du même phénomène qu’un cycle menstruel sans prise d’hormones. Il s’agit de “fausses” règles, créées pour reproduire le cycle hormonal. Anne-Sylvie Tardieu, gynécologue, explique : 

“Ça s’appelle une hémorragie de privation hormonale. La pilule reproduit un schéma hormonal avec trois semaines de comprimés actifs hormonaux et une semaine où on arrête les hormones, ce qui entraîne des saignements au niveau de la muqueuse utérine. Le sang contient des cellules de muqueuse utérine : sous contraception hormonale, elle n’évolue pas comme lors d’un cycle naturel, où elle va grossir, grandir, pour éventuellement devenir un embryon puis un foetus. Cette muqueuse ne se développe pas en vue de recevoir cet embryon, donc elle reste assez fine.”

la durée des règles sous pilule est-elle différente ?

La durée “normale” des règles sous pilule peut poser question. Anne-Sylvie Tardieu insiste bien sur le fait que la normalité est relative : même sans prise d’hormones, la période des règles peut varier entre un et dix jours. Sous pilule, elle peut également varier.

“Des règles d’une journée sont possibles sous contraceptif, elles ont tendance à être moins importantes, moins abondantes, et moins douloureuses.”

Il est également possible d’avoir ses règles plusieurs fois dans le mois, On peut par exemple observer un effet de “spotting" ” : sous pilule contraceptive, la muqueuse est plus fine, à tel point que cela peut entraîner occasionnellement de petits saignements. Un phénomène qui n’a rien de grave. Mais il est important de rester vigilant si cela a tendance à se répéter. 

“Cela pourra être lié à un effet d’adaptation à une première prise de pilule, Mais si des saignements arrivent n’importe quand dans le mois il faut vérifier qu’il n’y ait pas autre chose. Donc il faut quand même aller consulter, vérifier si c’est pas lié au col de l’utérus, une infection, une grossesse, ou un polype qui se serait développé…”

Les polypes sont des excroissances pouvant se développer par exemple sur le col de l’utérus, et qui peuvent occasionnellement entraîner des saignements. D’où l’intérêt de ne pas prendre à la légère des saignements abondants ou sur une longue période.

règles en retard ou en avance sous pilule : faut-il s’inquiéter ?

Et si les règles sont “en dehors des clous” ? Même sous pilule, il arrive que les règles débarquent en avance ou en retard.

“Les règles ce n’est pas toujours à la minute ou au jour près, Si ça arrive en dehors de la période sans pilule, il faut vérifier s’il n’y a pas autre chose derrière, et s’assurer en priorité qu’il n’y a pas de grossesse.”

Car la pilule contraceptive n’est pas efficace à 100 %. En fait, aucun contraceptif ne l’est : il est donc possible de tomber enceinte sous pilule. Dans le cadre d’une utilisation parfaite (sans aucun oubli donc), cette contraception atteint une efficacité de 99,5%. En cas de saignements inhabituels, il ne faut donc pas hésiter à faire un test de grossesse.

que faire en cas de douleurs de règles sous pilules ?

En cas de douleurs, il faut d’abord vérifier qu’il n’y a pas de maladies. Ensuite, il est possible d’ajuster le dosage avec son ou sa gynécologue, si on a mal ou si les saignements sont trop abondants.

“La pilule classique associe oestrogènes et progestérone, Les oestrogènes sont toujours minidosées et on peut les ajuster. Donc si les règles sont plus abondantes sous pilule il est possible de repenser le dosage.”

En cas de gêne ou de douleurs liées aux règles sous pilule, il est donc dans tous les cas recommandé d’en référer à un ou une professionnel·le : cela permettra dans un premier temps de détecter une éventuelle infection ou une grossesse, et ensuite d’ajuster le dosage de la pilule, pour vivre sa contraception en toute sérénité.

Lise Famelart
Rédactrice
Journaliste depuis quatre ans, Lise multiplie les sujets : témoignages, high-tech, littérature, santé… yogi dans l’âme, curieuse de tout, elle aime particulièrement poser des questions. Les témoignages et les interviews sont son dada.