sang menstruel : composition et perception dans la société

Anouk Perry
dernière mise à jour le 29/04/2020

Parler du sang menstruel est aujourd'hui essentiel pour contribuer à la démystification des règles. Faire connaître sa composition, ne plus le cacher ou en avoir honte sont des démarches adoptées par de nombreuses personnes, sur les réseaux sociaux ou ailleurs.

Pour comprendre la composition du sang menstruel, il faut comprendre ce que sont les règles. 

Reprenons donc les bases : à chaque cycle, l’utérus se prépare à une possible grossesse. L’endomètre, la partie muqueuse de l’utérus, s'épaissit comme pour préparer un petit nid à l’ovule s’il se fait féconder. 

Composition du sang menstruel

Le sang menstruel est composé, bien évidemment, de sang mais aussi de sécrétions vaginales et de cellules nécrotiques endométriales de la paroi utérine, évacués par le vagin.

Quand une personne réglée ne tombe pas enceinte, l’endomètre se desquame - se détache en lamelles - et s’évacue. C’est pour cette raison qu’il y a parfois des petits morceaux. Il s’agit en fait de petits bouts de muqueuse qui se détachent ! 

La gynécologue Samantha Quirin précise : 

« Quand l’utérus a, si je puis dire, du mal à se nettoyer, sa réaction est de saigner. Il détache bien ses muqueuses pour se préparer à un nouveau cycle, d’où la présence possible de caillots » 

Notons que le sang menstruel peut sembler avoir une composition différente sous contraception hormonale pour une raison simple : les pertes de sang ne sont alors pas liées à l’ovulation. On dit alors qu’il s’agit de simples saignements. 

Et si vous avez besoin d’un argument supplémentaire pour apprécier la composition du sang menstruel, retenez cette information : on y retrouve des cellules souches. Ces dernières sont des cellules pouvant se spécialiser en divers types de cellules (cellules musculaires, cellules hépatiques…) en se multipliant ! Jusque là, on pensait n’en trouver que dans le cordon ombilicale et la moelle osseuse.  

Le sang menstruel est-il “sale” ?  

Malgré son aspect parfois moins fluide que le sang d’une plaie, le sang des règles n’a rien de “sale” contrairement à ce que laisse penser les mythes sur les règles à travers le monde.

Aujourd’hui, plusieurs personnes tentent d’ailleurs de démystifier les règles, comme par exemple Rupi Kaur qui a posté une photo en 2015 où on voyait une femme allongée, de dos, son pantalon taché de sang menstruel. Censurée par Instagram dans un premier temps, Rupi Kaur a finalement pu reposter sa photo.

Plus récemment, en juin 2019, le #ÇaVaSaigner, a été mis en place pour inciter les personnes menstruées à montrer du sang de règles sur les réseaux sociaux via des vêtements tachés - comme Rupi Kaur - ou des dessins, par exemple. Ce hashtag avait pour objectif de mettre en lumière la précarité menstruelle que certain·e·s rencontre en parlant librement du sang des règles. 

Aux États-Unis, la sexothérapeute Demetra Nyx a même décidé de poster une photo de son visage recouvert de sang de règles, afin de montrer que cela n’a rien de dégoûtant. 

FAQ : tout sur la composition du sang des règles

La couleur du sang menstruel est-elle liée à sa composition ? 

La couleur du sang menstruel est surtout liée au moment du cycle : en début ou fin de règles, les pertes sont souvent marron. Ce n’est pas dû à la composition du sang menstruel mais à son contact prolongé avec l’oxygène. Le sang s’oxyde.

Par ailleurs, des contractions de l'utérus peuvent provoquer en dehors des règles des pertes de sang souvent plus claires. Cela s’explique car la composition est fait d’un mélange de sang et glaire cervicale. 

Est-il dangereux d’avaler du sang menstruel pendant un cunnis ? 

La composition du sang menstruel n’a rien de sale et il est possible de faire un cunniligus à une personne réglée. Cependant, il est nécessaire de s’être fait dépisté en terme d’IST et de MST avant car le sang facilite la transmission.

S’il s’agit d’un·e partenaire non dépisté·e, vous pouvez utiliser une digue dentaire pour protéger ce rapport oral. 

La composition du sang menstruel permet-elle de l’utiliser comme engrais ? 

L’idée peut sembler folle, et pourtant un article de Vice donne la parole à des femmes qui ont décidé d’utiliser leur sang menstruel pour faire pousser leurs plantes. Interrogée pour l’occasion, la gynécologue Catherine Soulat reste sceptique : 

« Même si le sang contient du calcium, du sodium ou encore du potassium, le taux varie selon chaque femme. Il est difficile d’imaginer qu’il s’agisse d’une recette miracle pour faire pousser ses légumes même sous la grisaille. »

En bref, d’un point de vue scientifique, l’intérêt d’utiliser du sang menstruel comme engrais n’est pas prouvé.

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Anouk Perry
Rédactrice
À la fois journaliste web et réalisatrice de podcasts, Anouk Perry cumule les casquettes toujours dans un même but : démystifier l'intime ! Sa devise ? Il n'y a pas de question stupide. Sujets de prédilection : intimité et sexualité.