le cycle menstruel, meilleur allié de votre pratique sportive

Lise Famelart
article publié le 17/09/2020 / derniÚre mise à jour le 24/02/2021

Lorsqu’on a ses rĂšgles on peut se sentir fatigué·e·s, douloureu·x·ses, gĂȘné·e·s
 des soucis dont on se passerait bien dans notre pratique sportive. En fait, le cycle menstruel peut ĂȘtre un formidable outil pour booster vos entraĂźnements. On vous explique tout !

Le cycle menstruel n’est pas uniquement composĂ© des rĂšgles. Au fil du mois, notre corps passe par quatre Ă©tapes qui influent diffĂ©remment sur nos capacitĂ©s physiques et notre mental : les rĂšgles, la phase folliculaire, l’ovulation et la phase progestative.

le cycle menstruel influe sur les performances sportives

Parmi les changements les plus Ă©vidents au fil du cycle, il y a les fluctuations Ă©motionnelles. Manon Plume, coach sportive, assure un suivi composĂ© d’entraĂźnements mais aussi de beaucoup de discussions avec ses Ă©lĂšves. Elle l’a trĂšs vite remarqué : 

“Les rĂšgles vont pas mal impacter sur la concentration. Souvent pendant cette pĂ©riode on est dĂ©rangĂ©es, par une une cup, des tampons
 on a des coups de fatigue, des coups de mou. Le cĂŽtĂ© psycho, et systĂšme nerveux va vraiment se fatiguer.”

Physiquement aussi, chaque Ă©tape du cycle menstruel a un impact spĂ©cifique. Pierre-Hugues Igonin, prĂ©parateur physique de l’équipe de foot fĂ©minine de l’AS Saint-Etienne, travaille sur l’entraĂźnement adaptĂ© au cycle fĂ©minin. À Marie-Claire, il explique par exemple que durant la phase folliculaire, les ligaments sont Ă  leur laxitĂ© maximale Ă  cause de l’action hormonale, et la concentration baisse Ă  cause de la fatigue : il est donc plus facile de se blesser pendant cette pĂ©riode. Durant la pĂ©riode lutĂ©ale, la frĂ©quence cardiaque augmente et on se fatigue donc plus vite. Tout ça, ce sont des inconvĂ©nients, mais il est Ă©galement possible de tirer parti de ces diffĂ©rentes phases !

comment Georgie Bruinvels a boostĂ© l’équipe de foot amĂ©ricaine

Georgie Bruinvels est chercheuse mais Ă©galement athlĂšte. Elle a beaucoup fait parler d’elle, en particulier l’annĂ©e derniĂšre, en aidant l’équipe de foot fĂ©minine amĂ©ricaine Ă  remporter la coupe du monde. La chercheuse a adaptĂ© le programme d’entraĂźnement des joueuses en fonction de leur cycle menstruel. Elle a notamment Ă©tudiĂ© l’effet des fluctuations hormonales sur la souplesse des ligaments ou encore l’inflammation musculaire.

Suite Ă  ces travaux, Georgie Bruinvels a co-crĂ©Ă© l’application FITR Coach, permettant aux coachs sportifs d’adapter l’entraĂźnement de leurs Ă©lĂšves Ă  leur cycle. Si vous n’ĂȘtes pas coach, vous pouvez Ă©galement profiter de ses travaux avec l’application FITR Women. Gaby Martin, coach et athlĂšte de haut niveau, pointe le cĂŽtĂ© bĂ©nĂ©fique de la pĂ©riode des rĂšgles :

“Durant l’ovulation on a un pic de LH, l’hormone lutĂ©inisante. DĂšs que les rĂšgles se dĂ©clenchent on a son plein potentiel hormonal et donc on est plus fort·e·s ! On peut se dire qu’on va avoir mal, qu’on va ĂȘtre plus faible, alors que c’est au contraire le moment oĂč on est la plus fort·e.”

adapter sa pratique sportive Ă  son cycle menstruel

Sans aller dans une pratique sportive de haut niveau, vous pouvez quand mĂȘme adapter vos entraĂźnements rĂ©guliers Ă  votre cycle menstruel. Gaby Martin conseille de ne pas hĂ©siter Ă  diminuer les charges et l’intensitĂ© des exercices pendant la pĂ©riode des rĂšgles en cas de douleurs ou de gĂȘnes, mais aussi de s’organiser en fonction de son cycle :

“Quand on s’entraĂźne Ă  la maison, on peut planifier. Si je m’entraĂźne trois fois par semaine je peux adapter mes entraĂźnements Ă  mon emploi du temps. Si par exemple on sait d’avance qu’on va avoir ses rĂšgles semaine 38 et qu’elles vont certainement se dĂ©clencher le mardi, on peut prĂ©voir de pas s’entraĂźner le premier jour des rĂšgles qui est souvent le plus Ă©prouvant.”

Face aux douleurs abdominales, elle conseille Ă©galement l’achillĂ©e millefeuille, qu’on peut prendre en infusion en commençant dix jours avant le dĂ©but des rĂšgles puis durant toute cette pĂ©riode. Manon Plume fait remarquer que chacun·e vit son cycle diffĂ©remment. Mais elle a quand mĂȘme quelques conseils gĂ©nĂ©raux :

“Pendant les rĂšgles, il faut Ă©viter tout ce qui est abdominaux, on a souvent des crampes, ça va venir forcer sur le pĂ©rinĂ©e et peut-ĂȘtre accentuer le flux menstruel. Tout ce qui est sauter, impact, ce n’est pas non plus trĂšs agrĂ©able
 aprĂšs il y a des personnes que ça ne gĂȘne pas du tout. Je conseille plutĂŽt des exercices du haut et du bas du corps avec des haltĂšres et des Ă©lastiques.”

MĂȘme si on ressent le besoin de rĂ©duire l’activitĂ© physique durant les rĂšgles, ce n’est pas du temps “perdu” : cela peut Ă©galement ĂȘtre l’occasion de faire le point, comme le fait remarquer Manon :

“On rentre dans une certaine phase d’introspection, on a tendance Ă  se refermer un peu plus sur soi, et du coup ça peut servir de mise au point avec soi-mĂȘme. Ça peut crĂ©er du positif, on rĂ©flĂ©chit aux choses qui nous tiennent plus Ă  coeur que d’autres
 c’est l’occasion de faire le bilan !”

Pas de panique si certaines Ă©tapes du cycle menstruel vous mĂšnent la vie dure au gymnase : c’est souvent le signal que votre corps vous envoie pour ralentir un peu le rythme, et prendre le temps de la rĂ©flexion ! Et n’oubliez pas que plusieurs protections comme les tampons bio, culottes menstruelles ou serviettes sont adaptĂ©es Ă  plusieurs pratiques

Lise Famelart
Lise Famelart
RĂ©dactrice
Journaliste depuis quatre ans, Lise multiplie les sujets : tĂ©moignages, high-tech, littĂ©rature, santé  yogi dans l’ñme, curieuse de tout, elle aime particuliĂšrement poser des questions. Les tĂ©moignages et les interviews sont son dada.