le syndrome de Sheehan : définition et symptômes

Pauline Allione
article publié le 25/09/2021

Cette maladie, de plus en plus rare, peut survenir après une hémorragie du post-partum et endommager durablement la sécrétion d’hormones.

de quoi parle-t-on ?

Complication rare du post partum, le syndrome de Sheehan est une nécrose de l’hypophyse, une petite glande située dans le cerveau. Aussi appelée glande pituitaire, celle-ci stimule la production de certaines hormones, dont les hormones gonadotropes (ou sexuelles).

Cette glande, constituée de l’antéhypophyse et de la posthypophyse, est alors endommagée à cause de la destruction de cellules de l’antéhypophyse, le lobe situé à l’avant, à cause d’une hypoxie, soit un manque d’apport en oxygène. Plus rarement, la posthypophyse peut également être atteinte.

Dans les pays développés, cette pathologie est de plus en plus rare, du fait des progrès en obstétrique. Il est toutefois plus courant dans les pays pauvres ou en voie de développement.

les causes du syndrome

Le syndrome de Sheehan peut survenir après plusieurs événements :

  • un accouchement,

  • une hémorragie importante

  • ou un choc septique. 

Lors de l’accouchement, il peut être causé par ce que l’on appelle une hémorragie de la délivrance ou de la césarienne. Une chute importante de la pression artérielle peut interrompre momentanément la vascularisation du cerveau par les artères hypophysaires et de facto, la vascularisation de l’hypophyse. Cet arrêt, bien que temporaire, a des répercussions directes sur la glande pituitaire, dont les tissus se nécrosent.

quels sont les symptômes ?

Le syndrome de Sheehan entraîne une diminution de la production des hormones sécrétées par l’hypophyse et affecte les caractères sexuels secondaires. Il se manifeste dans un premier temps à travers l’absence du retour de couches, soit la disparition des menstruations, et l’impossibilité de produire du lait maternel, bien que ceci ne soit pas systématique.

Progressivement, d’autres symptômes peuvent apparaître : chute des poils pubiens, perte de la pigmentation de la peau au niveau des mamelons, perte des cheveux, baisse de la libido

Il existe aussi d’autres symptômes plus graves, mais plus rares, tels qu’une insuffisance cardiaque congestive, un collapsus circulatoire, un diabète insipide, une hypoglycémie…

Le diagnostic peut prendre plusieurs années, puisque les caractéristiques cliniques ne sont pas toujours évidentes et peuvent apparaître tardivement, dans les mois et années qui suivent le déclenchement du syndrome.

le traitement 

Le syndrome de Sheehan peut être mis en évidence à travers un bilan hormonal, avant d’être confirmé par un scanner ou une IRM. Il est traité par l’administration des hormones manquantes (oestrogènes, progestérone, hydrocortisone et thyroxine). Ce traitement substitutif permet d’agir sur les principaux symptômes du syndrome de Sheehan, et notamment de rétablir l’ovulation. Celui-ci doit se prendre à vie.

Pauline Allione
Pauline Allione
Rédactrice
Journaliste freelance, Pauline aime écrire sur ce qui touche à la société, le féminisme, l’intimité et l’art.