vie de règles #1 : j’ai eu mes règles à 9 ans, je ne savais pas ce que c'était

Crédit photo : Alexis Gattepaille

Quand Sauvane a eu ses règles pour la toute première fois, elle n’en avait JAMAIS entendu parler. Témoignage sur la puberté précoce qui a bousculé l’enfance simple de cette youtubeuse.

Le CV des menstruations de Sauvane

Prénom / Nom : Sauvane et les Internets

Âge : 30 ans

Âge de ses premières règles : 9 ans

Durée des cycles : très variable, avec une moyenne de 30 jours 

Durée de ses règles : 2 jours où ça saigne beaucoup, puis 3 jours avec des mini pertes 

Slogan pour désigner ses règles : « C’est mieux dehors que dedans ! »

Quand j’étais petite, les règles, on ne m’en avait jamais parlé, vraiment jamais. Je ne savais pas que ça existait avant de les avoir. Je pense que mes parents attendaient mon entrée au collège pour aborder la question. Alors quand elles sont arrivées, c’était à la fois affreux et très drôle…

Quand j’ai eu mes premières règles, c’était lié à ma puberté précoce 

J’ai eu mes premières règles à 9 ans. Avec ma famille, nous étions partis en vacances d’été dans un gîte. Je dormais dans une chambre avec mon frère qui a deux ans de plus que moi. Petit détail qui compte : les draps étaient d’un blanc immaculé.  

Un matin, j’ai été réveillée en sursaut par mon frère. Il hurlait : « Sauvane est morte ! Sauvane est morte ! ». Je n’ai pas tout de suite compris ce qu’il se passait, avant de voir mon lit recouvert d’une énorme tache de sang… Sur le coup, j’ai paniqué à mon tour, et je me souviens m’être demandée si je m’étais transformée en fantôme !

Mon père est arrivé en trombe, tiré du sommeil par nos cris. Quand il a vu l’état du lit, il s’est figé, comme tétanisé, et a bégayé mal à l’aise : « C’est normal… ne t’inquiète pas… ». 

C’était tout sauf rassurant ! 

Finalement, ma belle-mère est arrivée à son tour et a calmé le jeu en disant sobrement que j’avais mes règles, et qu’elle allait prendre soin de moi. J’ai vraiment cette image de la suite où les femmes de la maison m’ont accompagnée dans la salle de bain pour tout m’expliquer et me calmer.. J’avais très peur. 

Premières règles précoces : quand la puberté arrive plus tôt que prévu

L’été de ces premières règles, je me suis formée d’un coup. Je suis partie de l’école en juin avec un corps d’enfant, et je suis revenue en septembre menstruée, avec des seins et des poils. 

Je me souviens qu’on me répétait que ce n’était que le début, que ma poitrine continuerait à pousser. Je ne voulais pas porter de brassières, je trouvais que ça faisait trop adulte, ça me terrifiait.  

J’ai vraiment compris que ma vie avait changé la deuxième fois que j’ai eu mes règles. Je ne l’avais évidemment pas prévu, et ça s’est passé à la cantine, un jour où j’avais un jogging bleu ciel qui s’est retrouvé très taché. 

Là ça a été le festival : les dames de cantines m’ont affiché, elles criaient que c’était dégueulasse. Une surveillante m’a fait faire le tour de la cantine pour que tout le monde voit. Les élèves se sont foutus de moi… Finalement, c’est une maîtresse qui a été gentille et m’a amenée à l’infirmerie. 

Je préfère rassurer : ce n’est pas un souvenir traumatisant pour autant. Je me dis qu’ils ont tous été super con ! Et puis, c’était dans la toute fin des années 90, les mentalités ont probablement beaucoup évolué depuis. 

Règles précoces : faire le choix entre serviettes hygiéniques et tampons 

Au début, je mettais des serviettes. Je trouvais ça inconfortable, mais ça allait. Au bout de deux ans, mes parents m’ont proposée de mettre des tampons, et ma première fois a été catastrophique... 

Nous étions allés dans une piscine où il y avait un grand plongeoir de plusieurs mètres de haut. J’ai sauté, et en remontant à la surface, j’ai vu le visage déformé par la terreur des gens. Le maître nageur a crié « évacuez, évacuez ! ». 

J’avais perdu mon tampon en sautant, probablement parce qu’il n’était pas suffisamment enfoncé, et je perdais beaucoup de sang dans l’eau… Ça faisait comme les dents de la mer ! 

Par la suite, j’ai réessayé plusieurs fois des tampons, mais je trouve ça inconfortable, donc je reste aux serviettes encore aujourd’hui. La coupe menstruelle, je n’y pense même pas. Je pense que c’est psychologique : j’ai du mal à accepter un corps étranger en moi, sans trop savoir pourquoi. 

Des premières règles précoces aux menstruations à l’âge adulte

Aujourd’hui, je suis en paix avec mon corps, mais j’ai mis très longtemps à vraiment comprendre comment fonctionnent les règles. Je crois que je ne l’ai saisi qu’à 20 ans, quand une gynécologue a pris le temps de m’expliquer les cycles, l’ovulation, etc.  

Aujourd’hui, j’ai des cycles irréguliers que je suis grâce à une application, sinon je suis rapidement larguée.

Et sinon la blague, c’est que ma petite soeur n’avait jamais entendu parler des règles avant de les avoir non plus. Nos parents ont voulu attendre qu’on entre au collège pour nous expliquer ces choses, sauf que notre puberté est arrivée plus tôt que prévu, et c’était terrifiant sur le moment. 

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